Coopérative d’Activités et d’Emplois : une sécurité pour entreprendre ?

Le début d’une nouvelle activité apporte toujours avec lui son lot d’inquiétudes. C’est d’autant plus vrai pour un indépendant ! En France, le statut d’entrepreneur reste un véritable sac de nœuds. De multiples régimes particuliers coexistent. Toutes leurs singularités ont de quoi décourager et perdre les débutants. La comptabilité, pourtant simplifiée pour les micro-entrepreneurs, peut vite devenir une source d’angoisse. Sans compter l’exclusion partielle du dispositif de chômage et le calcul des aides sociales sur le chiffre d’affaires, et non la marge brute.

Vous vous sentez dépassé par les contraintes administratives et fiscales ? Alors les Coopératives d’Activités et d’Emplois (CAE) vous séduiront peut-être ! Apparues pour la première fois à Lyon en 1995, elles comptent aujourd’hui plus de 150 structures réparties sur l’ensemble du territoire français. Depuis leur création, 12 000 entrepreneurs ont choisi de les rejoindre. Mais les CAE sont-elles réellement plus sécurisantes pour les indépendants ?

Un statut protecteur

Les CAE demeurent encore méconnues. Pour beaucoup, elles ne représentent qu’un simple accompagnement à la création d’un emploi, comme l’ORIFF PL, l’UNAPL, les BGE ou le CEEI. Elles offrent pourtant une véritable alternative aux régimes classiques des indépendants. Pour exercer votre activité en toute sérénité, leur protection juridique vous apporte un cadre sécurisant unique.

Pourquoi rejoindre une coopérative ?

Grâce à leurs équipes d’appui, les CAE proposent un suivi régulier. Elles mêlent le meilleur du salariat et de l’indépendance. En échange d’un cout de fonctionnement, elles vous assurent de travailler paisiblement, sans avoir à vous soucier de lourdes contraintes administratives. Un membre de l’équipe est toujours disponible pour vous aider. Une simple erreur de votre part ne suffira donc pas à détruire tous vos efforts.

L’atout principal d’une coopérative : le statut d’associé. Il vous offre les mêmes droits qu’un salarié sans perdre votre indépendance (retraite, aides sociales, assurance mutuelle, etc.) Pendant la crise du covid 19, ce régime s’est montré particulièrement résilient. Il absorbe les chocs, protège les entrepreneurs-salariés et leur permet d’accéder au chômage partiel.

À travers des rencontres régulières, les CAE stimulent et encouragent la coopération entre leurs membres. Elles luttent contre le mal-être lié à l’isolement, fréquent chez les indépendants. Elles favorisent l’échange, proposent des formations et des ateliers partagés, et offrent un réseau professionnel conséquent.

Quels services propose une CAE ?

Pour vous accompagner au quotidien dans la gestion administrative de votre projet, les coopératives disposent de nombreux services. Selon votre structure, vous bénéficiez :

  • d’un encadrement administratif et comptable réalisé par un professionnel ;
  • d’un cadre juridique de facturation grâce à un numéro de TVA intracommunautaire commun ;
  • d’une immatriculation au Registre du commerce et des sociétés ;
  • du remboursement de vos frais, exonérés de charges ;
  • de formations pour apprendre à gérer votre entreprise (création d’un site web, étude de marché, négociation commerciale, publicité, etc.) ;
  • de la mise à disposition d’une salle de réunion et de matériel informatique.

Y a-t-il des activités impossibles à exercer ?

Les CAE acceptent les professionnels de tous les secteurs et accueillent des porteurs de projet parfois très différents : sophrologue, photographe, graphiste, rédacteur, secrétaire, éditeur, traiteur, courtier, vitrailliste, peintre en bâtiment, etc.

Leurs portes ne restent fermées que pour :

  • les professions règlementées (avocat, expert-comptable, architecte, etc.) Leur principe d’indépendance entre en contradiction avec le statut d’entrepreneur-salarié ;
  • les professionnels franchisés. Leur appartenance à un réseau déjà existant les empêche de rejoindre une CAE ;
  • les activités nécessitant des emplois complémentaires. S’il est possible de monter un projet à plusieurs en tant qu’associés, un porteur ne peut pas embaucher des salariés extérieurs ;
  • les projets réclamant des investissements ou des garanties financières importantes ;
  • les projets impliquant l’achat ou la location d’un fonds de commerce.


Chaque coopérative possède en plus ses propres règles, limitant l’accès à certaines activités. Inquiètes des potentielles dérives sectaires, elles excluent en général les professions à caractère ésotérique ou religieux.

Un accompagnement à la création progressif

La particularité des CAE réside dans leur proposition de portage salarial. La loi relative à l’économie sociale et solidaire de juillet 2014 définit le statut offert, à mi-chemin entre chef d’entreprise et employé. Obtenu à l’issue d’un parcours plus ou moins long dans la coopérative, il vous ouvre l’accès à de nombreux droits et à un salaire régulier, calculé sur la base de votre chiffre d’affaires (CA).

Comment se déroule l’intégration d’un nouveau porteur de projet ?

Tout nouvel entrepreneur d’une coopérative passe par un diagnostic de son activité. Vous participez à une réunion d’information collective, suivie d’un entretien individualisé. Votre projet semble viable et réfléchi ? Alors vous signez un Contrat d’Appui au Projet d’Entreprise (CAPE). D’une durée de 6 mois, vous pouvez le renouveler 2 fois et l’arrêter à tout moment. Il ne remet en cause ni vos droits au chômage, ni votre fidélité envers votre employeur.

Le CAPE constitue une sorte de période probatoire. Il vous permet de commencer votre activité en toute légalité et en toute tranquillité. Vos gains s’engrangent sur le compte de la CAE pour vous construire une trésorerie opérationnelle. Lorsque votre chiffre d’affaires (CA) suffira à vous dégager un salaire minimum, vous pourrez passer à la prochaine étape : le CESA !

Quel statut espérer à terme au sein d’une coopérative ?

Le Contrat d’Entrepreneur Salarié Associé (CESA) équivaut légalement à un CDI. À sa signature, il entraine le versement d’un salaire mensuel et vous assure les mêmes droits qu’un salarié. Il se prolonge 3 ans au maximum. À l’issue de cette durée, plusieurs choix s’offrent à vous :

  • déposer un dossier de candidature pour le statut d’associé. Si les autres sociétaires l’acceptent, vous intégrez la CAE et participez activement à sa gestion ;
  • quitter la coopérative et poursuivre votre activité sous un autre statut ;
  • quitter la coopérative et arrêter votre activité.

Comment se calcule le salaire d’un entrepreneur-salarié ?

Le salaire se négocie avec l’équipe d’appui sur la base de votre chiffre d’affaires (CA). Pour conserver votre trésorerie opérationnelle (rembourser vos frais, compenser vos congés, pallier les imprévus et les éventuelles baisses d’activité), votre CA doit être supérieur au salaire désiré.

La coopérative prélève également chaque mois les cotisations obligatoires.

En moyenne, pour gagner un SMIC net de 1 200 €, vous aurez besoin d’un CA mensuel supérieur à 2 700 €. Ces charges élevées comprennent :

  • la TVA ;
  • les cotisations patronales ;
  • les cotisations salariales ;
  • les frais d’assurance ;
  • la mutuelle obligatoire ;
  • la contribution aux services mutualisés du réseau CAE.


Rebutantes pour une grande partie des indépendants, elles offrent pourtant à l’entrepreneur l’ensemble de ses droits.

Notre expérience au sein de la coopérative Créacoop14

Chez Mécolian, nous avons choisi de rejoindre Créacoop14. En CAPE depuis juillet 2020, notre chiffre d’affaires suffit en théorie à payer nos deux salaires minimaux depuis novembre. En accord avec notre chargée d’accompagnement, nous avons cependant repoussé la signature de nos CESA. Ceci afin d’augmenter notre trésorerie opérationnelle. Grâce à elle, nous prévoyons de renouveler notre matériel informatique vieillissant, d’améliorer notre espace de travail et de nous former davantage dans nos domaines de compétences respectifs.

Avec une patience infinie, nos référents au sein de l’équipe d’appui nous accompagnent au quotidien. Ils facilitent le traitement de nos obligations administratives (devis, factures, etc.) et vérifient chaque document officiel (DU, mentions RGPD, etc.) Nous exerçons nos métiers de rédacteur et de correctrice librement et en toute sécurité. Grâce aux échanges au sein du réseau, nous ne nous sentons jamais seuls ou isolés. Nous pouvons compter les uns sur les autres, collaborer ensemble et nous recommander mutuellement.

Une réelle sécurité pour entreprendre ?

Le statut d’entrepreneur-salarié vous garantit les droits propres aux CDI sans entamer votre liberté. Face à vos clients, vous conservez le pouvoir décisionnaire d’un chef d’entreprise tout en gagnant, au sein de la coopérative, les mêmes protections qu’un salarié. Alors n’hésitez plus ! Donnez corps à vos aspirations profondes et entreprenez en toute sécurité !