Écriture non genrée :
un atout pour votre communication

En ce début de XXIme siècle, les luttes sociales sont au cœur des préoccupations citoyennes. Certaines entreprises les utilisent pour générer de l’interaction, provoquer du buzz ou redorer leur image. D’autres participent pleinement, sincèrement à ces combats. Peut-on accuser une franchise comme Notre-Basse-Cour de greenwashing lorsqu’elle réduit l’impact écologique de ses méthodes d’élevage ?

Si votre structure favorise l’égalité des genres, si vos équipes défendent des valeurs fortes, valorisez cet atout ! Travaillez votre communication. Votre public sera heureux de s’engager à vos côtés.

Pourquoi s’intéresser à l’écriture non genrée ?

Depuis une quarantaine d’années, la littérature scientifique tend à prouver l’effet des langages genrés sur les locuteurs natifs. Les recherches menées par l’équipe de Maria D. Sera ont démontré leur impact sur notre vision du monde.

Dès 1994, leurs travaux, publiés dans le journal Cognitive Development, attirent l’attention sur les mécanismes inconscients des connexions. Ils montrent chez les hispanophones un classement entre objets issus d’une production humaine, considérés masculins, et objets naturels, considérés féminins. Un mécanisme absent chez les anglophones.

Une autre étude, réalisée en 2002 et publiée par l’American Psychological Association, confirme cet effet au niveau cognitif. Selon les concepts présents dans notre langue, nous attribuons une masculinité ou une féminité à des objets inanimés.

Ces associations ne sont pas sans conséquence sur nos sociétés. En 2012, les chercheurs Jenniffer L. Prewitt-Freilino, T. Andrew Caswell et Emmi K. Laasko mènent une étude à grande échelle sur 111 pays du globe. Avec un fort degré de certitude (p<0,001), ils démontrent que les pays aux langues grammaticalement genrées possèdent les inégalités les plus marquées. Les règles d’accord en faveur du masculin ont tendance à invisibiliser les femmes et à réduire la force de leurs revendications.

Quelles sont les formes francophones d’écriture non genrée ?

1) L’écriture épicène

Mise en avant depuis 2016 par le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, elle s’appuie sur 5 règles fondamentales :

  • la féminisation des noms de métiers (autrice, rédactrice, correctrice, etc.) ;
  • la double flexion ou le doublet (tous et toutes, écrivain et écrivaine, développeur et développeuse, etc.) ;
  • l’emploi de terminologies épicènes (population humaine, équipe dirigeante, ensemble du personnel, etc.) ;
  • le choix de formes non personnelles (une formation à l’entreprenariat, la présidence, le syndicat, etc.) ;
  • l’accord de proximité. Placez le féminin en premier et le masculin en second pour un accord grammaticalement juste (« les filles et les garçons sont heureux » plutôt que « les garçons et les filles sont heureuses »).

2) L’écriture inclusive

Elle cristallise la majorité des critiques formulées à l’encontre de l’écriture non genrée. Selon ses détracteurs, elle enlaidit le texte, complique sa compréhension et trouble l’apprentissage de la langue. Elle s’exprime de multiples façons :

  • la parenthèse (correcteur(trice)) ;
  • la majuscule (salariéE) ;
  • la barre oblique (directeur/trice) ;
  • le trait d’union (chargé-e de projet) ;
  • le point médian ou normal (rédacteur·trice ou auteur.trice).

Ses défenseurs connaissent ses limites et savent qu’elle s’avère excluante pour une partie de la population souffrant d’illettrisme. Lorsque c’est possible, ils recommandent en général une formulation fléchie ou épicène.

« Nous défendons donc l’utilisation de marqueurs typographiques avec parcimonie, en privilégiant les autres formes d’écriture inclusive lorsque cela est possible. » 

Camille H. – Recommandations pour une écriture inclusive et accessible – Novembre 2017


« Dans tous les cas, il convient d’user des formes contractées avec parcimonie. Elles s’emploient quand on veut alléger le texte en évitant les répétitions et/ou lorsqu’on a affaire à des mots dont les variantes féminine et masculine ne diffèrent que légèrement. »

Romy Tetue – Féminiser au point médian – Aout 2016


« L’écriture inclusive raisonnée consiste à limiter le recours au point médian pour les mots dont les formes féminine et masculine sont très proches. Notamment lorsque le suffixe masculin s’obtient par ajout et non par substitution. »

Raphaël Hadad – Comment écrire « nombreux », « tous » et d’autres mots difficiles en écriture inclusive – Avril 2020

3) L’écriture neutre

Moins connue, elle privilégie la création d’un troisième genre absent en français : le neutre. Sa graphie particulière n’exprime pas seulement le féminin et le masculin, mais l’ensemble des genres existants. Elle manque toutefois de règles partagées par tous. Deux interprétations majeures de cette écriture coexistent :

  • le neutre construit sur la base du latin, défendu notamment par Alpheratz. Il utilise un pronom (al/als) et un déterminant (an) agenres. Ils se complètent de formes aux suffixes identifiés comme neutres (nulx, touz, assassaine, autaire, etc.) ;
  • le neutre fondé sur des néologismes. Gagnant progressivement en popularité, il assemble des mots masculins et féminins (iel, auteurice, celleux, toustes, etc.)


Ce type d’évolution enrichissant la langue semble être la meilleure voie à suivre pour dépasser les problématiques de genres. La Suède a d’ailleurs adopté le pronom impersonnel « hen ». Rejeté en 2012 par le Conseil de la langue suédoise, il est finalement inclus dans le Glossaire de l’Académie suédoise en 2015.

L’écriture non genrée gêne-t-elle la lecture ?

La science reste malheureusement silencieuse à ce sujet. La cassure des phonèmes par les points inclusifs semble en effet troubler l’apprentissage de la langue, notamment chez les dyslexiques. Pour l’instant, aucune méta-analyse n’a toutefois pu aboutir à des conclusions certaines.

Seule une étude psycholinguistique, menée en 2007 par les chercheurs Gygax et Gesto, nous renseigne. En comparant les formes épicènes et féminisées de certains noms de métiers, elle observe un phénomène d’habituation rapide. La première lecture passée, une nouvelle graphie n’engendre plus aucun problème. L’expérience, réalisée sur une quarantaine d’étudiants, reste néanmoins extrêmement limitée dans ses conclusions.

Que dit l’Académie française ?

Fidèle à ses principes, l’Académie française semble rejeter toute évolution de la langue et entendre conserver ce qui est. Si elle refuse l’usage du point médian, « péril mortel » qui « aboutit à une langue désunie », elle exclut également la féminisation des noms de certaines professions de prestige. Elle la juge comme un « barbarisme » qui s’impose « contre le vœu des intéressées ». Rappelant régulièrement l’usage neutre du masculin, elle s’oppose à la création de néologismes englobant l’ensemble des genres.

Un service à venir ?

Chez Mécolian, nous ne maitrisons pas encore l’ensemble de ces règles. Nous ne proposons donc pas de rédactions non genrées. Nous prévoyons cependant de nous former et de vous présenter ce service le moment venu.

Quelle forme d’écriture non genrée préférez-vous ? L’utilisez-vous déjà au quotidien ? N’hésitez pas à nous en parler sur nos réseaux sociaux !